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Irène F. journal d'une borderline d'Eugenio Cardi, publié chez NUM Éditeur.
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Féminité Sans Abri

 
LIRE UN EXTRAIT :
 
IRÈNE F. JOURNAL D'UNE BORDERLINE - REVUE DE PRESSE
 

« Comme le titre l’indique, c’est l’histoire d’une jeune femme en souffrance, en dérive même — un résumé qui se suffit à lui-même. Le thème de ce livre m’avait remuée, et à raison : il est véritablement déchirant. Le mal-être d’Irène y est relaté de manière absolument viscérale, très intense et profondément émouvante. Les angoisses, les excès, la débauche, on ressent tout avec une incroyable intensité. Ses relations excessives et destructrices aussi, son besoin d’amour avide et inconditionnel, tout comme les racines du mal dans son passé et le difficile processus de sa thérapie. J’ai toujours été attirée par les âmes tourmentées, et ce livre m’a réellement bouleversée… Il est vrai, je dirais presque brutal — un véritable voyage émotionnel qui ne peut laisser le lecteur indemne. » — Guillemette Allard-Bares

 

 

RÉSUMÉ

 

Une adolescence bafouée, un secret inavouable. Irène F. brûle sa vie. Sexe, alcool et drogue, un cocktail où le danger est à la fois menace de vie et promesse d’oubli. Ce roman est le récit d’une souffrance borderline qui nous plonge dans une Italie inhabituelle mais tellement contemporaine. De rencontres extrêmes en actes éperdus, de pertes irréparables en amours absolus, une jeune femme, Irene F., tombe et se relève, entourée d’hommes peu fiables et de femmes trop fragiles. La traversée psychothérapeutique qu’elle entreprend finira-t-elle par la sauver, d’elle-même d’abord, et des autres ensuite ?

 

EXTRAIT
 

Je ne me suis jamais prostituée. Du moins pas au sens strict du terme car c’est vrai qu’en y regardant de plus près... En tout cas je ne me suis jamais fait payer pour aller au lit avec quelqu'un, alors, je peux bien le dire, je ne me suis jamais prostituée.

 

Voilà, ça au moins je ne l’ai jamais fait. Pour le reste, c’est sûr... j’ai tout essayé.

Et quand je dis tout, je veux dire vraiment tout. Tout, et au-delà de ce que tu peux imaginer.

 

Jusqu’à ce que cette immense pagaille, ce désordre insensé qui a envahi mon esprit et le monde autour de moi ne m'entraîne au bord de la folie et, en fin de compte, devant la porte d'un psychanalyste.

 

Je n’avais que vingt ans et j’étais déjà au bout du rouleau.

 

Ma mère venait de mourir, emportant avec elle tout ce qu’on ne s'était jamais dit, tout ce qu’on aurait sans doute dû se livrer l’une à l’autre depuis longtemps si on avait voulu construire un semblant de relation. Or entre nous il n’y avait que le vide, le néant, une accumulation d’occasions manquées.

 

Le comble c’est que mon beau-père, ce salaud, lui a survécu. Mille fois j’ai prié pour qu’il meure avant elle, à sa place, mais la vie ne va jamais dans le bon sens. Va-t'en savoir pourquoi. C’est comme ça.

 

Enfin, à dire la vérité, puisqu’on est là pour ça, il m’est aussi arrivé de souhaiter sa mort à elle, parce qu’à mes yeux elle la méritait bien. Je crois que je la haïssais. Je pensais qu’elle devait être punie pour ce qu'elle avait fait, ou plutôt pour ce qu'elle n'avait pas fait… Comment est-ce qu’elle avait pu faire semblant de rien, comment est-ce qu’elle avait pu détourner son regard, ne pas se rendre compte ?

 

Puis je me surprenais de nouveau à la pardonner, à l’aimer, à me désespérer face à sa maladie… J’oscillais comme ça depuis longtemps d’un extrême à l’autre sans pouvoir me décider, j’en devenais folle…

 

Et un jour elle est morte. J’avais beau savoir qu’elle allait mal, je croyais que ça n’arriverait jamais. Je faisais sans doute comme on fait toujours dans ces cas-là : j'essayais de ne pas voir la réalité...

 

Mais le destin n’a pas hésité à frapper. Alors un vide énorme s'est ouvert en moi, insoupçonné... Je croyais que ma débâcle intérieure suffisait à elle seule, je croyais que tous les espaces de mon esprit étaient déjà bien assez occupés par mon désordre incurable pour qu'il y eût encore de la place pour une autre douleur. Je pensais que rien, rien ne pouvait être pire que ce que je vivais déjà… Mais je me trompais, le pire m’attendait au tournant, comme dans les dessins animés pour enfants… un monstre, toutes griffes dehors, était prêt à me dévorer… et quand on est enfant et qu’on a peur, à cet instant précis du cauchemar et comme par magie, les parents viennent toujours (ou presque) nous délivrer, nous sortir de notre descente aux enfers. Mais cette fois le miracle ne pouvait pas avoir lieu… Je savais que mes parents n'étaient plus là et que j’allais devoir me débrouiller toute seule...

 

Mon beau-père, lui, est resté dans le quartier même après la mort de ma mère. Je crois qu’il s’est installé chez son frère.

 

Il a fallu attendre le décès de ma mère pour que je trouve enfin la force de le chasser de la maison.

 

Il n’y a pas si longtemps encore, il m'arrivait de le croiser dans la rue. Je baissais les yeux, je changeais de trottoir. Le plus étrange c’est qu’il faisait la même chose et ça, je ne l’aurais jamais cru. Il avait honte de lui sans doute. Moi aussi. Pourtant aujourd’hui quand j’y repense, il me semble que cette histoire abominable et absurde ne m’appartient pas.

 

Il est vieux et je crois qu’il boîte même un peu. Je n’en suis pas sure parce qu’à la fin je n’osais plus le regarder. En plus la mémoire commence à me faire défaut et ça fait un bout de temps que je ne le vois plus. Mais je t’expliquerai ça plus tard.

À l’époque où je le croisais encore, je le reconnaissais de loin, à sa démarche hésitante, lente, maladroite. Aujourd’hui il ne me fait absolument plus peur et de toute façon il ne pourrait plus m’atteindre. Il ne m’inspire qu’un vague sentiment de dégoût, un mélange de répulsion et de pitié.

 

Mais qu’il puisse mourir de vieillesse comme il le fera sans doute, c’est vraiment la dernière chose que j’aurais voulue ! J’aurais préféré avoir la force de le tuer moi-même ! Le tuer lui ou me tuer moi parce que, finalement, c’est un peu la même chose. Enfoncer mon couteau dans son ventre répugnant, rester là devant lui sans bouger et le regarder mourir au milieu de son sang. Et guetter l’expression de ses yeux à cet instant précis…

 

Regarder son corps puis mon couteau. Le voir souillé de son propre sang et alors seulement, peut-être, trouver la paix. Le salaud.

 

Colère et haine…

 

J’avais vingt ans, ma mère n’était plus là, lui, je l’avais enfin chassé et par bonheur je venais de trouver du boulot à l’agence de voyage de Bepi dont je te reparlerai certainement.

 

Il me semblait que le vent avait enfin tourné, que tous mes problèmes s’envolaient d'un seul coup de baguette magique. Fini les horribles parents. Fini mon beau-père Gianni, ce fumier. Enfin l’indépendance économique !

 

Mais je me trompais et j'allais vite le comprendre. Mon être tout entier, mon Moi le plus profond avait été blessé et les lésions ne pouvaient se résorber aussi facilement.

 

L'AUTEUR
Eugenio Cardi

Eugenio Cardi, écrivain italien, est diplômé en Sciences Politiques à l'Université de Pérouse. Il vit et travaille à Rome. À ce jour, il a publié huit romans, en Italie et à l'etranger.

 

Irène F. Journal d'une borderline

Format ePub et Kindle / 175 pages
Collection NUM PASSION
ISBN 978-2-924286-40-1

 

Numérique : 7,99 $ / 5,29 €

Papier : 14,99 $ / 10,39 €

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