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Profession tueur de Gilles Aubigny, publié chez NUM Éditeur.
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LIRE UN EXTRAIT :
PROFESSION TUEUR - RÉSUMÉ
 
En hissant le corps d’Estelle Frigman dans la baignoire, je me suis demandé si j’étais encore fait pour ce métier. Je finis par admettre que j’en avais marre de liquider de parfaits inconnus qui, pour la plupart, valent bougrement mieux que les raclures qui paient pour les voir morts. Marre d’exécuter les basses œuvres d’intraitables connards qui estiment que le meilleur moyen de laver leur honneur est de zigouiller celui ou celle qui l’a remis à sa juste place. Mais un contrat, ça se respecte. J’avais l’obligation professionnelle d’en honorer les clauses comme je m’y étais engagé, même si cela me coûtait terriblement. Même si je devais tuer la mort dans l’âme.
 

EXTRAIT

 

Il est 8 h et une faible neige s’est mise à tomber. Ça fait 1 h 30 que Sophie Attiaz a passé l’arme à gauche, et je suis toujours sur place à attendre. Au début, il n’y avait qu’une dizaine de badauds. Pas assez pour y passer inaperçu. Alors je me suis planqué le temps que la foule s’étoffe, puis je me suis fondu dans la masse.

 

J’ai toujours apprécié le folklore des gyrophares et des sirènes. Le cirque des gus en uniformes, qui s’affairent autour d’un cadavre. Ils me font penser à un essaim de mouches aveugles batifolant au-dessus d’un pot de miel tapissé de moisissures. 

 

Les flics, ils tirent une gueule de six pieds de long. Ils ne sont pas contents du tout d’être là, ça se voit à la mine chafouine. Ils doivent m’en vouloir de leur avoir mis un macchabée dans les pattes par un temps pareil. Ils ont froid aux miches. Ils sont fatigués. Ils doivent déjà avoir leur compte de suicides, d’accidents, de conflits domestiques et de querelles de voisinage.

 

Les poulets sont bougons. Je soupçonne même qu’il y en a parmi eux qui nourrissent une dent contre la fille allongée à poil dans la neige, la tête baignant dans son sang. Les yeux révulsés et la gorge tranchée d’une oreille à l’autre. C’est pratiquement convenu qu’il y en a pour se demander ce qui a pris à cette pouffe de se faire tuer précisément ce matin-là, plutôt qu’un autre. J’en mettrais ma main à couper.

 

Sans compter qu’en plus de la morte, ils vont devoir gérer les curieux. Il n’a pas fallu plus d’une vingtaine de minutes pour que le site soit envahi par les riverains. Dès que la nouvelle s’est répandue, ça s’est mis à débouler de par­tout. Et très vite, ça s’est chamaillé pour occuper les premières places. Les courts sur pattes geignent de ne rien voir à cause des échalas qui bouchent la vue. Les vieux font valoir leur grand-âge pour tenter de resquiller. Les femmes en cloques jouent du bide pour se frayer un passage. Les groupies épient l’arrivée des télés armés de stylos et de feuilles de papier. Les m’as-tu-vu paradent. Le poulailler caquette. Les frileux se plaignent de la recrudescence de la violence. Mais surtout, ça filme. Ça photogra­phie. Ça fait des selfies pour chauffer les réseaux sociaux (...)

 
L'AUTEUR
Gilles Aubigny

Gilles Aubigny, né à Montereau-Fault-Yonne en 1956, est l’auteur du texte théâtral : « Autopsie d’un pack de delirium » parut chez La Société des Ecrivains en 2010, et des romans « Paradox Blues » (2012) et «Carnage» (2014) publiés chez Mon Petit Editeur.

 

« J'écris depuis que j'ai 17-18 ans, mais je ne me suis jamais senti prêt à publier mon travail. Il a fallu la naissance de mon fils Samba le 27 janvier 2006, pour que je me décide à passer le pas. »

 

Profession tueur

Format ePub et Kindle / 242 pages
Collection NUM NOIR
ISBN 978-2-924286-53-1

 

Numérique : 7,99 $ / 5,79 €

Papier : 14,99 $ / 10,39 €

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