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Les messagers de l'Absolu

le numineux

Je regarde au-dehors et c'est en moi que l'arbre croît.

– RAINER MARIA RILKE

​Pour le poète anglais William Blake (1757 - 1827), notre véritable humanité est quelque chose d’infiniment plus grand que le monde sensible. L’histoire de l’homme et des civilisations n’est que le résultat de circonstances fortuites tandis que nos «monuments» de haute technologie ne sont que des déjections de « ver mortel » car le système matérialiste qui a rendu possibles de telles réalisations a, en même temps, privé l’homme de sa vie spirituelle, c’est-à-dire éternelle. Dans un éclair de génie, Blake découvre que c’est le pouvoir, politique ou religieux, qui cherche à détruire la liberté d’accès au monde spirituel et qui limite l’existence humaine à l’ordre extérieur, matériel. En effet, ceux qui contrôlent ce pouvoir ont besoin d’esclaves consentants, alors que les mondes intérieurs sont des domaines de liberté et d’expression à l’abri des tyrans.

T.S. Eliot (1888 - 1965) surnomme ces êtres aux âmes brisées les « hommes creux », car ils sont vides en leur centre. Ils souffrent de stérilité spirituelle, d’un effondrement complet de l’esprit. Seul l'accès au numineux peut encore les sauver.

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Lecture associée :

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Le corps humain est un temple vivant.

« C'est par un amour surhumain qu'on dépasse sa nature. »

– Jacques Ferron

 

De par son caractère fulgurant, le numineux ne se laisse pas appréhender par la raison et échappe à toute description ou analyse digne de ce nom. Peu importe l'époque ou la culture, les poètes ont tenté d'exprimer l'inconcevable afin de faire résonner en nos cœurs l'appel de l'intangible. Tels des lanceurs d'alerte du monde intérieur, ils attirent notre regard au-delà du monde visible et nous invitent à un retour vers l'Éden perdu.

Joignant leurs voix à celles des poètes, des philosophes, tel Jacques Derrida, ont dénoncé les instances scolaires et universitaires parce qu'elles n'avaient pas le courage de s'intéresser à l'esprit. « Personne, disait-il, ne veut avoir affaire à lui. »